COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Les communes de Haute-Loire ne seront pas les boucs émissaires des finances publiques de l’État
L’Association des Maires et des Présidents d’intercommunalité de la Haute-Loire apporte son entier soutien à la mobilisation nationale de l’Association des Maires de France.
Depuis des années, l’État fait des collectivités territoriales la variable d’ajustement de ses propres difficultés budgétaires. Cette stratégie est devenue inacceptable.
À force de ponctionner les budgets locaux, de transférer des charges sans les compenser, d’accumuler des normes toujours plus coûteuses et de réduire les moyens d’investissement, c’est la capacité même des communes à agir qui est aujourd’hui remise en cause.
Les maires ne peuvent plus accepter d’être désignés comme responsables de la dégradation des finances publiques alors que les collectivités locales ne représentent que 20 % de la dépense publique, votent des budgets obligatoirement à l’équilibre et maintiennent depuis trente ans une dette stable.
Les communes, elles, ne vivent pas à crédit.
En revanche, elles subissent les décisions de l’État : explosion des cotisations à la CNRACL, revalorisations salariales imposées sans compensation, transferts de compétences insuffisamment financés, baisse des dotations d’investissement, réduction drastique du Fonds vert et inflation normative permanente.
En 2025 et 2026, ce sont plus de 13 milliards d’euros qui auront été retirés aux collectivités locales. Comment peut-on prétendre vouloir relancer l’investissement public tout en retirant aux communes les moyens d’investir ?
En Haute-Loire, les conséquences sont très concrètes.
Chaque euro retiré aux communes, c’est un projet de rénovation d’école repoussé, une voirie différée, un réseau d’eau modernisé plus tard, une salle communale non rénovée, un équipement sportif reporté ou abandonné.
C’est aussi moins de commandes pour les entreprises locales, moins de travail pour les artisans, les PME et les entreprises du bâtiment et des travaux publics.
Les collectivités réalisent près de 70 % de l’investissement public civil. Elles créent l’activité économique des territoires. Elles aménagent les zones d’activités, entretiennent les infrastructures, rendent possible le développement des entreprises et soutiennent l’emploi local.
Fragiliser les communes, c’est fragiliser l’économie française.
Les chiffres de l’Observatoire des finances locales sont sans appel. L’investissement progresse deux fois moins qu’à la fin du précédent mandat municipal, l’épargne des collectivités s’effondre, l’endettement augmente et les réserves financières diminuent.
Le modèle est à bout de souffle.
L’Association des Maires et des Présidents d’intercommunalité de la Haute-Loire demande au Gouvernement de renoncer à toute nouvelle ponction sur les budgets locaux, de stabiliser les dotations, de préserver le FCTVA et les crédits d’investissement, de compenser intégralement les charges transférées et d’engager enfin une véritable réforme des finances locales garantissant l’autonomie financière des collectivités.
Les maires ne réclament aucun privilège.
Ils demandent simplement le respect des engagements de l’État et les moyens d’assurer les services publics de proximité auxquels les Français sont profondément attachés.
Les communes ne sont pas le problème. Elles sont une partie essentielle de la solution. Encore faut-il leur en donner les moyens.
Les maires de Haute-Loire refusent que leurs communes deviennent les victimes des erreurs budgétaires de l’État. Nous sommes des bâtisseurs, pas des comptables chargés d’effacer les déficits nationaux. Chaque nouvelle ponction signifie moins de services, moins d’investissements et moins d’avenir pour nos territoires ruraux. Nous demandons simplement que l’État cesse de reprendre d’une main ce qu’il prétend donner de l’autre.
Jérôme Bay,
Président de l’Association des Maires et des Présidents d’intercommunalité de la Haute-Loire



